Tout ce qu’il faut savoir sur le test ADN prénatal

Un test ADN prénatal permet de prouver la filiation d’un enfant quelques semaines après sa conception. Cela donne à la mère la liberté de garder son enfant ou non, et la certitude serait pour les parents l’occasion de décider de l’avenir. Toutefois, le test peut aussi répondre à des exigences médicales.

Pourquoi effectuer un test de paternité ?

20 000 tests de paternité, dont le test ADN prénatal, sont effectués chaque année en France. Actuellement, un père sur dix demande la confirmation de sa paternité auprès des laboratoires. Juridiquement, un test de paternité aide le père à reconnaître légalement son enfant. De son côté, l’enfant pourra jouir de certains avantages sociaux. Un enfant conçu hors mariage pourra alors par exemple porter le nom de son père. C’est un juge du Tribunal de grande instance qui peut ordonner le test, mais il est possible d’avoir recours, seul, à des laboratoires privés. Un résultat positif servira comme preuve de la paternité, celle-ci est établie même en l’absence de reconnaissance prénatale.

Sur le plan médical, il aide à obtenir un dossier plus précis, notamment en cas d’anomalie chromosomique (ex : trisomie) ou de présence de maladies génétiques héréditaires grâce à un dépistage combiné. Cela permet de vérifier les éventuels antécédents. Un test de paternité confirme également le bon déroulement d’une procréation médicalement assistée, comme la fécondation in vitro, l’insémination ou la grossesse par mère porteuse.

Un test de paternité peut aussi répondre à des raisons personnelles. Par exemple, les femmes enceintes ayant eu des relations intimes avec plusieurs hommes pourront sentir le besoin d’effectuer un test ADN pour connaître l’identité du père du bébé.

Les types de prélèvement pour un test ADN prénatal chez la femme

Un test ADN prénatal s’effectue en général dès le premier trimestre de grossesse, et reste faisable tout au long de celle-ci. Néanmoins, chez la femme qui envisage une interruption de grossesse, il faut le faire le plus tôt possible. En effet, la décision de garder un enfant ou non peut dépendre de l’identité du père.

Il est à noter que le moment optimal pour effectuer un test ADN prénatal ne dépend pas de la semaine de grossesse, mais d’après la semaine d’aménorrhée, à compter à partir du premier jour de la dernière menstruation. On distingue trois méthodes de prélèvement d’échantillons d’ADN chez la femme : la biopsie choriale, l’amniocentèse et le test prénatal non invasif.

La biopsie choriale consiste à prélever une partie de villosités choriales, les cellules qui entourent le fœtus. Elle peut s’effectuer à partir de la 13e semaine d’aménorrhée et se fait à l’aide d’un cathéter introduit par voie vaginale. Cette méthode présente un risque élevé de fausse couche, d’accouchement prématuré ou de malformations, car elle peut endommager les membres du futur bébé.

Une autre méthode invasive de test ADN prénatal est l’amniocentèse. Elle peut être effectuée à la 14e semaine. Il s’agit d’un prélèvement de liquide amniotique par une aiguille insérée au niveau de l’abdomen. Également risqué, ce procédé peut provoquer une interruption non volontaire de la grossesse.

La méthode non invasive ne requiert pas l’intervention d’un gynécologue, car elle se fait par simple prise de sang. N’importe quels infirmier, médecin ou agent de laboratoire peuvent effectuer l’opération, il s’agit de prélever le sang maternel c’est-à-dire celui des futures mamans afin de l’analyser. Largement plus pratique que les procédés traditionnels plus invasifs, le test de paternité prénatal non invasif peut se faire dès la 8e semaine d’aménorrhée, ou bien à la 6e semaine de grossesse. Avant cette date, le nombre de cellules fœtales circulant dans le sang de la mère est encore insuffisant. Si le prélèvement a été effectué trop tôt, de nouveaux tests seront nécessaires pour obtenir un résultat fiable. Notons qu’il est impossible de réaliser un test ADN prénatal en cas de grossesse gémellaire. Ainsi, si l’échographie montre qu’il existe deux embryons, le test ne peut fournir de résultat fiable.

Les méthodes de prélèvement d’échantillons chez l’homme

Un test de paternité prénatal a pour objectif d’établir un lien de filiation biologique d’un enfant encore in utero. Il s’agit de comparer les séquences d’ADN du foetus et de son père présumé. S’ils présentent assez d’éléments communs, la filiation est établie.

Pour obtenir des fragments d’ADN chez l’homme, il est possible d’utiliser diverses parties du corps : cheveu, ongle, sang, sperme et salive. Cependant, la facilité de l’extraction varie d’un type d’échantillon à un autre, ce qui peut affecter les frais du test, surtout si l’on a recours à des laboratoires étrangers.

  • Les échantillons capillaires : Les cheveux déjà tombés sur un peigne ou sur les vêtements ne peuvent pas être utilisés comme échantillons si on veut des résultats fiables. Il faut arracher environ 15 brins sans les couper, la racine doit partir avec la tige ;
  • L’échantillon buccal : il s’agit d’un prélèvement de la muqueuse orale obtenue par le frottement des parois intérieures de la bouche et des gencives. Des cellules invisibles à l’œil nu s’arrachent pour se coller sur le matériel de prélèvement. Il s’agit de petites brosses spéciales en kit ou de cotons-tiges stériles livrés par les laboratoires. La salive contient également de l’ADN, mais en quantité réduite par rapport à celle qu’on obtient par un frottis oral ;
  • Le prélèvement sanguin : Les échantillons sanguins restent la source la plus utilisée pour faire un test de paternité, et le résultat du test est fiable à 100 %. On prélève directement 5 mL de sang au présumé père, et le liquide sera mis en tube avec de l’anticoagulant. Il faut bien respecter les consignes pendant et après le prélèvement du liquide, car si l’échantillon est mal conservé, il sera considéré comme une simple trace de sang et l’analyse coûtera plus cher.

Délai et fiabilité des résultats

Dans le cas d’un test de paternité prénatal non invasif, il faut compter de 7 à 10 jours après la réception des échantillons sanguins pour obtenir les résultats. Avec un coût plus élevé, des laboratoires proposent un délai plus court, mais il faut prélever les échantillons après la 10 e semaine de grossesse. Il reste plus pratique de commander les kits en avance pour pouvoir effectuer le prélèvement dès que c’est possible, c’est-à-dire au moment où la femme atteint le nombre de semaines de grossesse exigé.

La SNP arrays, une technique moderne d’analyse de marqueurs génétiques, assure un test ADN prénatal plus fiable. D’autres hommes témoins pris au hasard, sans relation avec

l’enfant, participent à chaque test pour confirmer le diagnostic. La filiation naturelle peut être établie à 99,9 % quand le nombre de similitudes de marqueurs d’ADN est suffisant. Le résultat est très précis, sans marge de doute possible.

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